Du mouton au tricot, c’est toute une histoire. La laine passe entre les mains de nombreux acteurs de la filière avant d’arriver sous forme de pulls bien chauds dans nos penderies. En Bretagne, le secteur se ranime depuis quelques années sous l’impulsion d’éleveurs et d’artisans passionnés.

Fibre aux propriétés singulières, la laine combine des vertus multiples : isolante, absorbante, résistante à la traction, antibactérienne, antifongique, ignifuge et biodégradable. Sa complexité en fait une matière idéale dans le domaine de l’habillement.
La transformation d’une toison brute en vêtement est un processus qui nécessite plusieurs étapes, à commencer par la tonte annuelle. Ensuite viennes le tri et le lavage des toisons, puis le cardage, le filage et enfin le tissage ou le tricotage pour obtenir un produit fini.
Mouton des Landes, de Ouessant et de Belle Ile. Depuis quelques temps, il n’est pas rare de les croiser aux abords des villes. Leur mission ? Une gestion plus respectueuse de l’environnement et de la biodiversité grâce à l’éco pâturage.
Chaînon manquant de la filière en région Bretagne, le cardage de la laine est aujourd’hui assuré par La Ferme à Laine dans le Morhiban. Enora Palvadeau carbure au rythme des machines qu’elle a restaurées avec l’aide de Nicolas Poupinel, berger et maître lainier.
Artisan lainière, elle réalise le cardage et l’aiguilletage, étapes clé pour démêler et aérer les fibres de laine afin d’en faire des nappes plus ou moins épaisses. La laine pourra ensuite être utilisée telle quelle pour du rembourrage, de l’isolant, être filée ou feutrée.


Dans son atelier Gloan Glav – laines des pluies – installé dans les Côtes d’Armor, Marion Delisle façonne des futons douillets à partir de lin et de laines de la région. Lainière – matelassière, elle détient un savoir faire rare qui ne se transmet pas sur les bancs de l’école. Ce métier lui permet de valoriser une matière locale longtemps jugée désuète et tombée peu à peu dans l’oubli; ce faisant, elle propose une gamme d’articles de literie naturels et durables, entièrement biodégradables.
Le duo à l’initiative de l’atelier HL se complète à merveille.
Antoine Bourel est feutrier, c’est lui qui prépare les plaques de non tissé pour les transmettre ensuite à Heloïse Levieux, artisan tapissière spécialisée dans le travail de la laine.
Leur atelier se situe à Colpo dans le Morbihan. C’est là que tout se passe, avec un processus de fabrication qui s’opère en circuit très court. Tout est fabriqué sur place grâce à un réseau de fournisseurs installés à proximité.
Au cours des dernière années, ils ont notamment eu l’occasion de travailler avec la marque TBS pour la réalisation de tennis.

Sources
Bergère en bord de mer, Théophile-Louis Deyrolle
www.gloanglav.fr
www.lafermealaine.fr
www.heloise-levieux.fr
www.lainamac.fr
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